Enquête Eurobaromètre sur l’e-cigarette

Enquête Eurobaromètre sur l’e-cigarette

Une enquête Eurobaromètre publiée par la Commission Européenne le 29 mai 2015 fait état du comportement des Européens face au tabac. Au-delà des nombreuses statistiques présentées sur l'évolution du tabagisme dans chaque pays, celle-ci révèle également des chiffres concernant l'usage de la cigarette électronique.

L'Eurobaromètre minimise les résultats sur l'ecig

Dans un contexte où la consommation de tabac a baissé de deux points de pourcentage en Europe pour atteindre 26% de fumeurs, il est intéressant de mesurer l'impact de l'émergence de la cigarette électronique sur ce résultat. Bien que l'enquête Eurobaromètre présente l'e-cigarette comme une méthode de sevrage peu efficace, elle évalue tout de même à 14% la proportion des fumeurs qui sont parvenus à arrêter de fumer totalement grâce au vaporisateur personnel. À l'échelle de l'Europe, ces 14% représentent tout de même six millions de personnes. Cette mise en relief du pourcentage, apparemment peu élevé, permet de prendre la mesure du nombre considérable d'individus qu'il camoufle.

Il est vrai que les attentes autour de la cigarette électronique étaient très élevées lorsqu'elle a fait son entrée sur le marché, tambour battant, présentée comme une véritable révolution sanitaire, la méthode ultime pour arrêter de fumer. Le sevrage oui, mais sans faire le deuil du plaisir associé! Ces 14% avancés par l'enquête Eurobaromètre semblent donc peu compte tenu des promesses qu'elle portait au départ.

L'ecig aurait-elle raté son départ? Trop vite, trop fort, trop à la mode. Nombreux sont les opportunistes à avoir vendu du rêve: le sevrage facile et pas cher, 19.99€ le kit e cigarette et adieu le tabac. Aujourd'hui les déçus du sevrage à 19.99€ ne viennent malheureusement pas grossir les rangs des vapoteurs définitivement convertis, ceux qui ont eu la chance de se faire conseiller correctement lorsqu'ils ont décidés de franchir le pas.

De plus, l’ecig a dû affronter des adversaires puissants et très organisés, qui sont parvenus à ternir l’image de la cigarette électronique. Si bien qu’actuellement, les gens ne savent plus quoi penser quant à ses effets sur la santé, la désinformation a semé le doute et s’est solidement installée sur la scène médiatique.

Hier encore, alors que je faisais une pause vape, une de mes collègues non-fumeuse non-vapoteuse remarque pour la première fois, en passant près de moi, que je vapote (je viens de commencer un nouveau boulot, l’ecig est pour moi une activité secondaire, que je mène néanmoins avec passion et application !). Elle me dit : « Tiens, vous vous êtes mis à la cigarette électronique ? ». Je lui réponds fièrement qu’elle m’a permis d’arrêter complètement le tabac il y a presque deux ans déjà. Elle me répond : « oui, bon, il y a quand même la nicotine, et c’est mauvais pour la santé… ». Je tente de lui expliquer. Que ce n’est pas la nicotine qui tue. Je tente de développer mon discours argumenté pour prendre la défense de l’ecig. Mais à voir sa réaction, je vois bien que ma tentative est vouée à l’échec. Elle ne changera pas d’avis. Ma chère collègue ne connait pas les faits et ne souhaite pas les connaître : la cigarette électronique, c’est forcément nocif, ça ne peut pas être autrement. C’est sans espoir, donc : ignorante elle est, ignorante elle restera. Ça m’a rendu triste.

Mais revenons à nos moutons (non, je ne parle plus de ma collègue…) : l’enquête Eurobaromètre. Elle nous apprend également que la proportion d’Européens à avoir testé l’e-cigarette a augmenté. Les 7% en 2012 se sont transformés en 12% en 2015. Voici encore des pourcentages modestes avancés par cette enquête Eurobaromètre, mais il s’agit tout de même d’une progression significative. Et la marge potentielle de progression est encore énorme. Finalement, ce n’est peut-être pas si mal que l’ecig ait quelque peu raté son départ. Elle a depuis gagné en maturité, les produits sont de meilleure qualité, plus fiables et plus efficaces. De quoi amorcer maintenant une ascension plus lente mais bien plus solide. Car la cigarette électronique est une révolution sanitaire, n'en doutez pas.

Publié le 15/06/2015 par Olivier Schevin 0 63

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